Après quelques semaines d'absence, je vous propose de poursuivre dans les reportages d'enquête sur les grands accidents aériens.
Tellement de choses ont été avancées sur l'unique crash du Concorde, le vol AF4590 entre Paris-CDG et New York-JFK, survenu le 25 juillet 2000. Le F-BTSC comptait 109 personnes à bord et son crash, quelques secondes après le décollage, sur un petit hôtel de Gonesse a fait porté le nombre total des victimes à 113. Les passagers, majoritairement Allemands, partaient pour une croisière de deux semaines au départ de New York.
La fameuse tige de métal tombée d'un DC-10 de Continental Airlines, sur laquelle le Concorde a roulé au décollage juste après, fut au coeur de tous les débats. Et la grande question qui brûlait les lèvres : à elle seule, fut-elle responsable de la catastrophe ? Cette question a pris une énorme tournure politico-économique.
Si le rapport final met en cause essentiellement la barette métallique, il ne faudrait pas oublier qu'entre les débuts commerciaux du supersonique à la fin des années 70 et le jour fatal de la catastrophe, pas moins de 70 incidents, certains très similaires dans les faits, ont mis en avant le manque de résistance des pneus face à un objet dangereux laissé sur piste, sans qu'Air France et British Airways aient pris des mesures drastiques destinées à régler le problème une fois pour toute.
Certaines enquêtes privées ont également révélé des défauts de maintenance dans le parallélisme des pneus de l'avion la veille de son départ, tandis que le rapport final affirme que la pièce du DC-10 n'était pas conforme selon la FAA. Toujours est-il que cet accident a marqué les esprits et signé la fin de l'aventure franco-britannique, malgré une vaine tentative de reprise. Le 11 septembre et les coûts drastiques additionnels en vue d'une recertification auront eu raison du sort du Concorde.
Brice