Deuxième investigation, celle du crash du Boeing 737-300 (SU-ZCF) de la Flash Airlines le 3 janvier 2004. A ce jour, des incertitudes demeurent dans la chaîne de causes à effets qui a mené à l'accident. Les autorités égyptiennes en charge de l'enquête ont été vivement critiquées pour leur manque de rigueur dans l'établissement du rapport factuel final, ainsi que leur manque de détermination à vouloir faire la lumière au plus vite sur cet accident. Français et Américains pointent du doigt une erreur de pilotage (commandant de bord victime d'une désorientation spatiale ?), alors que les Egyptiens mettent en cause Boeing. Hélas, le tourisme et les relations diplomatiques entre ces trois pays sont essentielles dans le maintien d'un climat serein au Moyen-Orient et la dimension politique l'a depuis emporté sur le pragmatisme. Flash Airlines n'existe plus et l'Egypte a commandé de nombreux Airbus et Boeing de dernière génération...
On peut cependant retenir à propos de cet accident que le 737-300 parti de nuit de Sharm el-Sheikh (sans référence visuelle donc du vol purement IFR), devait entamer un virage à gauche après le décollage pour éviter le relief, survolant de fait la mer. Le pilote automatique s'est connecté et déconnecté et l'appareil est parti progressivement dans un virage à droite (jusqu'à 111° d'inclinaison). La réaction des pilotes a été tardive et si l'inclinaison a fini par être corrigée, l'assiette elle ne s'est pas rétablie à temps et l'avion a percuté la mer à plus de 400 noeuds. 148 personnes sont décédées, essentiellement des Français qui rentraient sur Paris.
Français et Américains pointeront du doigt de graves erreurs de management de la compagnie aérienne (en outre faisant l'objet en 2002 d'une interdiction d'atterrissage sur le sol suisse), notamment le passage directement dans le "siège de gauche" d'un ex-pilote de chasse totalisant moins de 500 heures de vol sur Boeing 737-300 au moment des faits.
Brice